2 techniques de respiration pendant l’accouchement

Bouche molle et bouche en cœur

On l’entend souvent : il est important de bien respirer durant l’accouchement. Ça permet de mieux gérer la douleur, de se calmer et de bien oxygéner ses muscles (son utérus) et son bébé.

Mais comment fait-on pour bien respirer? Par la bouche ou par le nez?  Vite ou lentement? On retient notre souffle ou pas? On gonfle le ventre avant ou après les poumons? Il existe plusieurs recettes. Et l’on peut facilement s’y perdre.

Pour ma part, j’enseigne deux types de respirations lors des rencontres prénatales. Elles ont chacune leur utilité, selon l’étape où en est rendu le travail.

La respiration profonde

Le premier type de respiration est une respiration profonde qui vise à vous détendre mentalement et physiquement (col de l’utérus compris). Vous connaissez peut-être l’expression bouche molle, col mou? Eh bien voilà! C’est ce qu’on cherche avec cette respiration.

Voici comment faire :

  • Dès que vous sentez venir une contraction, inspirez profondément par le nez pendant 4 secondes. Commencez par gonfler l’abdomen, puis terminez par la cage thoracique.
  • Expirez ensuite fortement durant 8 secondes en prenant soin de garder la bouche molle. Certaines femmes émettent aussi des sons graves pendant l’expiration. Ça les calme et ça crée des vibrations internes qui aident le bébé à descendre. C’est excellent.
  • Continuez ainsi durant toute la durée de la contraction et même après. Vous aurez plus de facilité à récupérer entre les vagues.

Pendant que vous respirez ainsi, n’hésitez pas à compter les secondes sur vos doigts ou à répéter une phrase positive dans votre tête. Ça détournera votre attention de la douleur et des agents stressants comme le son du moniteur ou le va-et-vient de l’équipe médicale. Vous serez calme et en contrôle. C’est exactement ce qu’il faut pour que votre travail progresse bien.

Le faux sifflement

L’autre type de respiration, c’est celle qui consiste à expirer très lentement, comme si l’on soufflait sur une bougie sans vouloir l’éteindre. C’est utile quand on a envie de pousser, mais qu’on veut laisser plus de temps aux tissus de s’étirer. J’appelle cette respiration le faux sifflement, car les mamans mettent souvent la bouche en cœur, comme si elles allaient siffler.

Ne bloquez pas votre respiration!

Tout au long du travail, assurez-vous de ne pas bloquer votre respiration. Détendez vos épaules et respirez. Bébé fera son chemin plus facilement si vous évitez de vous crisper. Et quand vous êtes prêtes à pousser et que bébé va bien, continuez ainsi. Vous n’avez pas besoin de retenir votre souffle avant de pousser comme on le voit dans les films! Cette technique est utile uniquement dans certaines situations précises, comme lorsque la maman est sous péridurale et que la poussée est longue et difficile, ou quand il y a une urgence et qu’il faut sortir bébé rapidement. Sinon, elle n’a aucune raison d’être. Elle ne fait qu’augmenter la pression sur votre périnée, qui est déjà bien assez sollicité.

Reprenez plutôt les grandes respirations qui vous ont aidée à vous rendre à la poussée. Pendant que vous expirez, utilisez vos abdominaux pour pousser votre bébé vers votre colonne vertébrale, tandis que votre utérus le pousse vers le bas. Suivez le rythme de votre corps et respirez! Tout le monde sera mieux oxygéné et votre périnée vous remerciera.

– Annie